Un champ de symboles

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Il pleut, l’été pâlit et ma plume est en peine
Les collines au loin coiffées d’un chapeau gris
Dérobent leurs couleurs et la cime d’un frêne
Il pleut.Tout simplement. Pourquoi cet air surpris ?

Dépouillés de tout sens, les mots dans le ruisseau,
Çà et là ballottés comme l’herbe mauvaise,
Refusant de couler, tentent dans un sursaut,
De se hausser, perclus, jusque sur la falaise :

Ne cherchez pas mon cœur, je l’ai bouté dehors
Je ne peux offrir que la cale d’un navire
Désormais vide ! Elle qui contint un trésor
Secret, a perdu l’or qui aurait pu séduire…

Mais ce murmure… Il me semble sentir, Poète,
Sur la nuque, un souffle qui m’effleure, léger,
Est-ce le zéphyr ou bien vos lèvres ? Vous êtes
L’inconnu à la cape, étrange et familier.

Deviser vous et moi, de la pluie, du beau temps,
Des humeurs et du pain ? Au feu de la lanterne,
La magie qui nous frôle est la fleur de printemps ;
D’un champ de symboles, l’invisible poterne.

Poème en alexandrins, hommage au poète et à la magie des mots, qu’il faut savoir parfois préserver…

6 réflexions au sujet de « Un champ de symboles »

  1. Un poème pour les cœurs malmenés, pour ceux qui disent des mots aux couleurs que l’on voit à peine et qui semblent inspirés d’un enthousiasme mélancolique. J’aperçois les empreintes laissées par quelques promeneurs solitaires dans ce champ de symboles comme autant de fleurs.
    Amicales pensées

    • Ô Chat-Lettré ou Ioda Chat,
      c’est ce que tout poète aimerait savoir…
      Elle est sans doute dans la jonquille et l’hirondelle,
      la montagne et les neiges éternelles,
      ou peut-être, au-delà de ce que chacun est capable de voir…

      Merci d’être passé et très belle journée à toi…

  2. Quand la Muse appelle ses sœurs afin de ramener en l’âme solitaire le Poésie; elle le fait avec charme et langueur.

    Laquelle a inspiré ce poème ? …

    Est-ce Clio, qui aime les histoire?…
    Est-ce Euterpe aimant la musque ? …
    Je ne pense pas que ce soit Thalia qui est versée dans la comédie…
    Ni Melpomène pour qui la tragédie est passe-temps.
    Alors ! Est-ce Terpsichore qui danse sur sa poésie lyrique ?…
    Ce n’est, semble t’il pas l’heure d’Erato
    Ni Polymnie car je ne vois ni pantomime ni rhétorique
    Pas plus Que Uranie.

    Ne serait-ce dons pas, en Calliope cette muse qui t’a inspiré ce doux poème invitant la poète à deviser ?…

    Des alexandrins libérés d’une tendresse, malgré la mélancolie qui s’en dégage.

    Beau.

    Bises amicales de

    Michel-Olivier…

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