L’anadiplose

L’anadiplose

Je vous avais annoncé une brève présentation de l’anadiplose, qui, je le rappelle, n’est pas un animal préhistorique. Même si ce terme me semble grandiloquent, lourd et pesant, comme le diplodocus !

Figure de répétition 

Pour vous parler de ce procédé de style, je vais d’abord le situer dans les figures d’insistance et de répétition, tout comme l’anaphore.

Lorsque la répétition n’est pas une maladresse, mais un choix d’écriture, elle devient figure de style.
La répétition souligne et met en valeur, elle permet aussi d’établir des parallélismes entre les mots répétés.
Une autre de ses conséquences, Ô combien riche, dans un poème ou une chanson, est de donner un rythme au texte.
On peut aussi, d’ailleurs, mentionner son effet dans la mise en scène théâtrale où la répétition, jusqu’au ressassement, peut devenir un moteur du comique.

Mais revenons à l’anadiplose.

Étymologie et effets recherchés

Son étymologie : du grec « ana » nouveau et « diploos » double.
Elle consiste donc à répéter au début d’une phrase, d’une proposition ou d’un vers, des mots qui terminent la phrase, la proposition ou le vers précédent.

Ainsi, cette célèbre phrase du regretté Georges Brassens, dans laquelle on peut déceler une légère ironie, n’est-ce pas ?!

« Mourir pour des idées, l’idée est excellente… »

ou dans le premier quatrain de mon poème Étranger familier :

« Mes yeux ne vous voient pas, mais vous êtes ici,
Ici vous êtes bien, par mon anadiplose. »

Là, l’anadiplose établit un lien entre le visible et l’invisible, l’absence, qui est pourtant présence, par la magie des mots et du rêve.
Ces mots, cher lecteur, si riches, si pleins, qui nous échappent parfois, qui nous paraissent si vides, si creux lorsqu’ils sont mal choisis. Ces mots, lecteur, qui constituent un pont invisible entre nous.
Oh, il me semble que je me répète !

L’anadiplose est également employée dans un discours argumentatif, un raisonnement.
On parle alors d’anadiplose de liaison car elle a pour fonction d’introduire la suite du développement.

Pour clore ce petit chapitre, je dirai que l’anadiplose est une version courte, de la concaténation. Encore un mot à consonance douteuse qu’il faudra élucider…

Je te donne un indice  : « catena » signifie chaîne, en latin.

4 réflexions au sujet de « L’anadiplose »

  1. Découvrir ainsi, dans ce jeu des mots, l’anadiplose en symbiose, est un pur plaisir, plaisir tout sonore et de sens aussi. Je reviendrai sur cette définition que je n’ai trouvée nulle part ailleurs.

  2. Cette rubrique a un peu l’objectif de nommer les figures que nous employons souvent, spontanément.
    Spontanément le chat s’en empare…
    Merci de trouver quelque plaisir à cet article quand j’appréhende qu’il ne soit rébarbatif !

  3. Ces figures dévisagent les figures que l’on se figure souvent employer subjectivement,
    l’objectif est de taille, atteint a ce que j’en conclue,
    non point à la hâte, mais j’attends d’en savoir davantage
    du félin me manque quelques atouts, souvent

    et accessoirement, puisqu’il est nécessaire de le signaler ici
    les cours de latin me semblaient accessoires…à l’époque

    Merci pour ce nouveau mot, je le note, quelque part, et je repars.

    A bientôt

  4. J’aime beaucoup « Ces figures dévisagent les figures que l’on se figure souvent employer subjectivement »…
    Merci Carlota de trouver quelque intérêt à cette rubrique, poursuivez votre exploration, vous me faites plaisir…
    Belle soirée

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