Je saisis dans le feu…

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La cheminée dorant mes cheveux dénoués
Laisse mon dos presser ton torse chaleureux
Ta bouche sur mon cou, et tes mots enroués
Font palpiter mon cœur d’un élan amoureux

L’ombre de ta main en conque sur mon sein rose
Frôle de son babil un téton trop rebelle
Ma croupe s’anime et semble chercher sa pose
Aux dessins des faisceaux sur mon buste en dentelle

Chaque grain est repeint jusqu’à l’incandescence
L’artiste de ses doigts inspirés par la source
Dans un chenal étroit où naquit l’existence
Imprègne tous ses sens et la tiédeur est douce…

Ouverte à la langueur, je saisis dans le feu
Le reflet de tes yeux qui me met au tapis
Une langue en pinceau, tant ferme que soyeux,
Tourmente tous les plis et fait monter le cri…

 

Que dire sur ce texte sinon que je n’ai plus de cheminée ! Le feu de cheminée exerce sur moi une fascination apaisante et sensuelle.

Le titre initial était « Sise devant la cheminée » Cf explications sur le poème publié précédemment La vieille  ; j’ai remanié ce poème, ce qui n’est pas toujours simple si l’on veut conserver le ressenti, aussi dirais-je comme Baudelaire dans Le Balcon :

« Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses »

Tu remarqueras, cher Lecteur, qu’il est en alexandrins et que les deux quatrains en rimes féminines sont enclos par deux quatrains en rimes masculines, à toi de rapprocher ce choix de forme, du fond.

 

7 réflexions au sujet de « Je saisis dans le feu… »

  1. Ping : La vieille… | EnversPoétique

  2. Est ce donc l’inspiration venue de la cheminée ou de la peau de bête déposée devant ??? Sourire. Il fut un temps où j’ai écrit un duo sur ce thème … mais ça c’était avant… Rire. Une sensualité suave et brûlante dans ces vers … Bravo.

    Bises

  3. J’ai beaucoup aimé! Une construction subtile au service d’un érotisme finement amené. Qui plus est je trouve que la lecture à voix haute met davantage en lumière le lyrisme du poème et donne au dernier quatrain (surtout au final) un effet plus accentué. Petite question: pourquoi avoir changé la police du mot « une » dans l’avant dernier vers?

    Merci pour le partage

    Asteln

  4. Bienvenue sur mes pages Alsteln !
    Souvent une lecture à voix haute nous permet de mieux sentir la musique
    d’un texte… Je suis sensible au ressenti que vous exprimez…
    Pour la police de « une », c’est simplement une maladresse que je n’avais pas remarquée !
    J’ai dû oublier de le sélectionner…
    Merci et je l’espère, à bientôt…

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