Il m’arrive encore

images

Il m’arrive  encore,

Lorsque je referme mon livre des amours posthumes,
De voir la lueur de tes yeux danser au clair des dunes.
Lorsque le ressac brasse mes pensées, une à une,
L’embrun exalte un parfum capiteux que je hume

Alors, les ondes brunes murmurent ton prénom,
Mes mains épousent ton visage de flibustier
Et même si je suis loin, si loin, de ton lagon,
Il me semble sentir encore le goût de tes baisers.

Partir, quand le cœur pleure au soir de tout quitter…
Sur ton île aux couleurs changeantes, iridescentes
Rire et lécher les larmes qui se sont mises à couler, 
Crois-tu qu’il fut facile de jouer l’indifférente ?

Neptune, mon confident, te dira que ce soir d’avril
Un lac d’eaux douces, incandescent, a rejoint l’océan
Et que tous les Tritons et les Nymphes nubiles
Ont drapé la lagune d’un voile noir, évanescent.

8 commentaires.

Polymorphe et indécente, une fleur

 

96e23e87

Etre
Un patch d’instinct de vie sur ta peau,
Gondole au gré de l’onde chamarrée,
À l’ombre de ton ombre chavirée.
Du soleil, la zébrure d’or sur l’eau…

Etre,
La soif du puits de ton désir sans fond.
De Tantale, la soif inassouvie,
Vénus éprise de ton insomnie,
Fragrance éthérée d’un bois profond.

Etre,
Polymorphe et indécente, une Fleur,
Pétales à effeuiller de ta bouche.
Dans la paume de ta main où, farouche,
La Lune poursuit le Jour qui se meurt.

Etre,
L’embrun, vague soufflée d’Aquilon.
Sur ton regard azuré, une perle.
Antre du mât d’artimon où déferle,
La lame frisson de nos émotions…

Commenter.

Sol en cache

Il joue à cache cache et se rit du Printemps,
Dispense ses rayons avec parcimonie.
Aux belles, il conte le renouvellement,
Elles se dévêtissent, il souffre d’atonie!

Sur les bourgeons rieurs, il sème la torpeur,
Guette leur ouverture et baisse sa tenture !
Cruel, des mortels il attise les humeurs,
Se gausse de leurs pleurs en sa villégiature.

Aux caresses de cet inconstant Immortel,
Astre aux feux volages, tantôt tiède ou brûlant,
Je choisis, de l’amour, la morsure charnelle :
Sur ma brune toison, la bouche de l’amant.

12 commentaires.

Derrière le lycée

L’hiver était au sud, les mains sous ton blouson,
L’univers tout entier tenait dans ma semelle :
L’avenir au présent parle à l’âme jumelle.
La chaleur de nos corps était notre maison.

La lune dans mes yeux coiffait tes cheveux blonds,
Le monde était subtil comme un point de dentelle
Brune. Le coeur battant, comme fait l’hirondelle,
Tu cherchais le soleil, paumes sur mes seins ronds.

Au mur, chiffres, lettres, tracés à l’encre rose
Ton désir opprimé contre mon jean qui ose
S’exprimer. Dans mon cou, un “je t’aime” troublé.

Derrière le lycée, encor l’amour murmure,
Un autre garçon à une fille susurre,
Le printemps qui fleurit à l’est d’un champ de blé.

4 commentaires.